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Storytelling émotionnel : déclencher les bonnes émotions chez votre lecteur

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Tout récit puissant déclenche au moins une émotion. Un récit qui laisse le lecteur émotionnellement plat n’est pas un récit, c’est un rapport. Le storytelling émotionnel est la discipline qui consiste à choisir consciemment l’émotion que l’on veut produire chez son lecteur, puis à construire son récit pour la déclencher. Cet article explore les six émotions universelles identifiées par Paul Ekman et leur usage en communication.

Les six émotions universelles selon Ekman

Paul Ekman, psychologue américain, a démontré dans les années 1970 que six émotions sont universellement reconnues à travers toutes les cultures humaines : la joie, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût. Ces émotions correspondent à des expressions faciales identiques dans toutes les sociétés étudiées, ce qui suggère qu’elles sont biologiquement câblées dans notre espèce.

Toutes les autres émotions humaines (l’amour, la nostalgie, l’envie, la honte, la fierté, l’espoir) sont en réalité des combinaisons ou des nuances de ces six émotions de base.

Storytelling émotionnel : déclencher les bonnes émotions chez votre lecteur
Storytelling émotionnel : déclencher les bonnes émotions chez votre lecteur

Comment chaque émotion fonctionne en marketing

  • La joie est l’émotion par défaut de la majorité des publicités. Elle crée de la sympathie mais peu d’engagement profond.
  • La tristesse est sous-utilisée et redoutablement efficace : elle active l’empathie et le besoin d’agir.
  • La peur est puissante mais doit être maniée avec précaution : elle crée de l’engagement mais peut générer du rejet si elle est mal calibrée.
  • La colère est l’émotion mobilisatrice par excellence : utilisée dans les campagnes engagées, elle déclenche l’action.
  • La surprise est ce qui crée la mémorisation : un détail inattendu reste gravé.
  • Le dégoût est l’émotion la plus rarement utilisée — à raison, car elle peut salir l’image de marque par contamination.

Comment déclencher délibérément une émotion

Quatre leviers narratifs déclenchent les émotions de manière fiable :

  1. Le détail concret : une émotion abstraite ne se transmet pas. Un visage, un objet, un geste, une phrase prononcée à voix haute, tout cela transmet.
  2. L’identification : le lecteur doit pouvoir se mettre à la place du personnage. Sans identification, l’émotion ne passe pas.
  3. La gradation : une émotion qui surgit brutalement choque, mais ne marque pas durablement. Une émotion qui monte progressivement s’imprime.
  4. Le contraste : une émotion ressort par opposition à son contraire. La joie est plus joyeuse après la tristesse, la peur plus intense après le calme.
Illustration éditoriale
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Erreurs à éviter en storytelling émotionnel

  • Multiplier les émotions dans un même récit court (l’effet est dilué).
  • Forcer l’émotion par le pathos exagéré (le lecteur sent la manipulation).
  • Choisir l’émotion par défaut (joie) sans réfléchir à ce qu’on veut vraiment provoquer.
  • Sous-estimer la puissance des émotions « négatives » (tristesse, peur, colère) en marketing.

Pour creuser les autres techniques de storytelling, consultez notre guide complet.

Questions fréquentes

Quelles sont les 6 émotions universelles selon Ekman ?

La joie, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût. Paul Ekman a démontré que ces six émotions sont universellement reconnues à travers toutes les cultures humaines, ce qui suggère qu’elles sont biologiquement câblées.

Quelle émotion privilégier en marketing ?

Cela dépend de votre objectif. La joie pour la sympathie, la tristesse pour l’empathie, la peur pour l’engagement, la colère pour la mobilisation, la surprise pour la mémorisation. Le pire choix consiste à ne pas choisir et à utiliser la joie par défaut.





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Léa Forestier

Brand strategist · 14 ans agence

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